Marseille, le 29 mars 2001

 Communiqué de presse

Explication du pic d'Ozone du 21 mars 2001

Le 21 mars dernier, le pourtour de l'Etang de Berre a été témoin d'un épisode de pollution par l'Ozone d'une rare intensité, qui a nécessité que le Préfet prenne des mesures d'urgence. Une cellule d'experts au sein des réseaux de surveillance de la qualité de l'air Airmaraix et Airfobep a analysé ce qui s'est passé ce jour-là. Outre une atmosphère très stable favorisant la concentration des polluants, une forte concentration de certains types d'hydrocarbures dans l'air, d'origine industrielle, pourrait expliquer un phénomène aussi important.

L'ozone est un polluant qui se forme sous l'action du soleil à partir de polluants, dits polluants "précurseurs", que sont les oxydes d'azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV: vapeurs d'essence, solvants, etc.). La quantité d'ozone fabriquée dépend de l'intensité des rayons du soleil, de la quantité de NOx et de COV présents mais aussi du rapport de leurs concentrations (COV/NOx): Si beaucoup de NOx sont présents, moins d'ozone est fabriqué.

Voici le scénario qui semble le plus probable :

Dans la nuit du 20 au 21 mars et une bonne partie de la journée du 21, le vent était presque inexistant. Une couche d'air plus chaud quelques centaines de mètres au-dessus du sol a bloqué l'ascension des émissions. Les polluants émis sur la région sont donc restés là où ils étaient émis et se sont accumulés.

Dans les zones de Marseille et Aix, les polluants proviennent principalement du trafic routier et le rapport COV / NOx est resté défavorable à la création d'ozone, ce que confirment les mesures faites par les réseaux de surveillance de la qualité de l'air.

Dans la zone de l'Etang de Berre, l'atmosphère a dû être particulièrement chargée en COV, notamment en aldéhydes et alcènes réactifs, issus de l'activité pétrochimique (près de 70% des polluants y sont dus à l'activité industrielle). Le rapport COV/NOX était alors très favorable à la fabrication d'ozone, grâce à ces composés, même si le ciel était voilé. Dès que le soleil s'est levé, les réactions chimiques se sont accélérées et une bulle d'ozone concentrée est apparue sur l'Etang de Berre.

En fin de journée, un léger vent de sud-ouest s'est levé et a dispersé cette bulle vers Bouc-Bel Air, Aix et Rousset où des pointes, plus faibles, ont été enregistrées.

Après enquête, la DRIRE n'a pourtant noté aucun incident notable chez des industriels.

Cet épisode illustre la nécessité de bien connaître les sources de polluants à l'origine de l'ozone, les phénomènes chimiques et climatiques en cause afin de comprendre et prévoir les épisodes de pollution et de définir des mesures efficaces d'action à la source (en particulier vis-à-vis des industriels) pour limiter la pollution autant que faire ce peut.